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M3 & QUEST PREAMPLI & AMPLI
CE NOUVEL ENSEMBLE PREAMPLIFICATEUR M3 ET BLOCS MONO QUEST ACCORDE UNE PLACE PARTICULIERE AU MAGIQUE ET MYTHIQUE TUBE 300B ET EN EXPLOITE TOUT LE POTENTIEL ... |
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On ne présente plus les électroniques à tubes Audio Note. Folie douce pour les uns, objets de culte pour les autres, les produits de ce minuscule constructeur nippon aiment à défrayer la chronique. Il est vrai que lors du lancement des premiers modèles de la marque,
l'attention du public et de la presse spécialisée fut immédiatement attirée par... le tarif, plutôt inhabituel.
Si l'on se place sur la stricte considération marketing, il est vrai que cette approche est assez peu commune. Les nouvelles firmes cherchent généralement à se faire remarquer par un design renversant ou encore un rapport qualité-prix extrêmement attractif. Aussi, débuter dans le monde sans pitié de l'audio en faisant littéralement exploser les étiquettes prix tient plus de la gageure que d'autre chose. Rares sont les amateurs qui peuvent s'offrir des électroniques dont le prix dépasse allégrement le million de francs!
Alors bien sûr, si ce critère a immanquablement fait connaître le nom d'Audio Note, nonobstant la musicalité des appareils de la marque, il a aussi été un sacré frein à leur popularité... Car bien évidemment la mise au point d'électroniques de l'extrême est flatteuse pour l'ego du concepteur, mais malheureusement relativement peu en phase avec les réalités économiques actuelles. Une unité indépendante - située en Grande-Bretagne - fut donc chargée d'une délicate mission: concevoir une gamme complète d'électroniques
conservant une évidente parenté musicale avec les productions phares mais proposée à un prix nettement plus «praticable».
Pour ce nouveau banc d'essai, nous n'avons pu résister au dernier rejeton de la famille Audio Note, en l'occurrence l'ensemble constitué du préamplificateur M3 et des blocs monophoniques Quest.
LE PREAMPLIFICATEUR M3
Fervents défenseurs de la table de lecture analogique, les concepteurs n'ont évidemment pas oublié de doter leur nouvel enfant d'un étage phono digne de ce nom. Maiscomme les amateurs de cet antique reproducteur sonore ne représentent toutefois qu'une petite minorité, rien n'est imposé et ledit circuit prend donc la forme d'une option. Nous y reviendrons... Extérieurement, les éléments Audio Note n'ont jamais bénéficié d'une ligne ni particulièrement recherchée ni excessivement moderne. Avec ce nouvel M3, on peut raisonnablement affirmer qu'un pas vient d'être franchi dans la bonne direction. Car, sans incarner le triomphe du design, force est de reconnaître que le look de ce préampli est nettement plus raffiné que celui de la plupart des appareils de la marque.
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Le châssis, très basique, n'a pourtant pas subi de modification et est toujours constitué de tôle d'aluminium pliée. C'est en fait la face avant, réalisée en aluminium brossé, qui procure un net gain en élégance par rapport au triste méthacrylate. Les commandes sont assurées par quatre boutons rotatifs, respectivement sélecteur d' entrées - quatre entrées dont une
éventuellement affectée à l'étage phono -, monitoring, balance et volume. Du classique.
Au dos du préamplificateur les liaisons sont essentiellement assurées par une batterie de prises Rca plaquées or. Essentiellement, car pour le raccordement vers les amplificateurs de puissance, on a le choix entre deux sorties Rca et une liaison symétrique via deux prises de type Lemo assorties d'un petit sélecteur...
A l'intérieur, on est tour de suite frappé par la grande densité des circuits et par l'excellente qualité de fabrication : c'est de l'artisanat, dans le sens noble du terme... L'espace disponible est séparé en deux par une cloison métallique faisant office de blindage. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce sont les alimentations qui représentent le volume le plus important! Il faut toutefois garder à l'esprit que sur un préamplificateur à tubes, la qualité de l'alimentation revêt une importance primordiale.
Les concepteurs du M3 en sont parfaitement conscients et se sont donné les moyens de tirer le meilleur des circuits audio.
Deux transformateurs de bonnes dimensions se répartissent les hautes tension ainsi que le chauffage des filaments. Pour ce dernier, le redressement s'effectue par un pont de diodes, directement implanté sur les cosses du transformateur. Le redressement des hautes tensions d'alimentation est en revanche beaucoup plus recherché et s'inscrit dans une optique résolument audiophile.
Vous l'avez deviné, Audio Note n'a pas hésité à doter son préamplificateur de lampes de redressement, deux 6X5. Les problèmes de pics de commutation propres aux semi-conducteurs n'ont ainsi plus lieu d'être. A leurs côtés, un premier circuit imprimé supporte toutes les capacités de filtrage.
Une fois encore, pas de concession sur la qualité avec des modèles de haute qualité et quatre cellules de filtrage en "Pi".
Côté audio, les étages d'amplification sont répartis sur deux circuits imprimés en verre époxy. Du moins le pensions-nous. Car après avoir jeté un coup d' oeil sur la face dédiée aux soudures, il est apparu que les pistes sont absentes et qu'il s'agit en réalité d'un véritable câblage en l'air. On imagine sans peine le temps passé pour la réalisation d'un exemplaire...
Disposé à proximité immédiate des prises d'entrées, le premier circuit supporte l'étage phono, réalisé autour de trois tubes doubles triodes 6072. Les condensateurs utilisés en liaison sont des modèles Audio Note en papier huilé et fils de sortie en argent pur ! Les autres
ne sont jamais que les très appréciés Black Gate... La seconde carte constitue le préamplificateur ligne proprement dit. Sa conception est très simple puisque l'on ne rencontre qu'un seul tube 6072 par canal. En sortie, plutôt que d'opter pour des condensateurs de liaison, les concepteurs ont préféré la solution, beaucoup plus onéreuse, des transformateurs.
Ces derniers permettent de couper court à tout courant continu sans apporter la coloration que l'on reproche souvent aux condensateurs. De plus, selon la configuration des enroulements de sortie, on peut alors disposer d'une véritable sortie symétrique.
Mentionnons pour terminer le descriptif de ce préampli fort bien réalisé que les sélecteurs d'entrée et les potentiomètres sont des modèles de haute qualité.
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LES BLOCS MONO QUEST
Visuellement, ces amplificateurs monophoniques s'accordent peu avec le préamplificateur: leur format est tout en longueur et la face avant n'a pas échappé au méthacrylate... Leur esthétique est toutefois très soignée. De plus, la plaque supérieure en cuivre leur donne furieusement un petit air d'Ongaku, ce qui ne sera pas pour déplaire aux
amateurs de ce mythique objet... Cette plaque comporte les capots des transformateurs de sortie et d'alimentation et laisse émerger trois tubes : un 5U4G de redressement, une double triode 6SN7 d'entrée et, enfin, la fameuse triode 300B de sortie. Comme sur l'essentiel des montages dédiés à cette triode, le schéma est d'une simplicité extrême, qui n'est certainement pas étrangère à la musicalité dont ce tube est capable. Vu la disposition externe des tubes, un voyant secteur sur la face avant n'a pas été jugé utile, ce qui se comprend aisément. La face arrière comporte l'interrupteur de mise sous tension, la prise Rca d'entrée et le bornier banane de sortie. Selon les spécifications des enceintes acoustiques qu'on leur associera, on pourra opter pour la position 4 ou 8 ohms.
Sur le plan technologique, le Quest adopte un schéma classique, très prisé des connaisseurs. Le tube 6SN7 d'entrée est configuré en Srpp (Shunt regulated push pull), qui permet d'obtenir très facilement un gain important et une impédance de sortie faible. L'idéal pour attaquer directement une 300B en se passant par la même occasion d'un étage driver. Bien entendu, pour qu'une structure simplissime comme celle-ci permette d'obtenir des résultats
convaincants sur le plan de la musicalité, il faut qu'elle soit mise en oeuvre dans les meilleures conditions possibles.
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Une exigence qui passe avant tout par le bon dimensionnement des pièces maîtresses que sont les transformateurs. Dans un montage du type single-ended comme c'est le cas ici, il faut en effet fuir comme la peste le risque de saturation de l'entrefer. Une économie sur la taille du transformateur de sortie et il en résulte à coup sûr une bande passante amoindrie dans le bas du spectre. Avec son imposant circuit magnétique, le transformateur du Quest dissipe tout doute à ce sujet. Mais il serait erroné de concentrer tout ses efforts sur cette pièce et de ne pas se pencher sur le cas du transformateur d'alimentation. Car qui dit single-ended dit classe A, donc une consommation importante et, ce, en permanence. Là encore, les concepteurs ont plutôt vu large...
Après redressement par un pont de diodes, la tension de chauffage du tube d'entrée fait l'objet d'une régulation afin d'éviter toute ronflette éventuelle. Quant à la haute tension qui l'alimente ainsi que la 300 B, il s'agit à nouveau d'un redressement à lampes, suivi d'un filtrage en Pi par condensateurs (deux de 470 microfarads) et inductance. Tous ces composants sont câblés des deux côtés d'un premier circuit imprimé, exclusivement affecté aux alimentations. Séparé par le transformateur de sortie, l'étage d'entrée est câblé en l'air sur une plaque d'époxy.
Les résistances Utilisées sont des modèles à faible bruit (au tantale), tandis que l'unique condensateur de liaison est une version très haut de gamme du constructeur dont les parties conductrices internes sont en argent !
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PREMIERE ECOUTE
Pour le «melomanus vulgaris», le phénomène 300B est un vaste mystère. Comment peut-on dépenser des sommes souvent colossales pour un amplificateur dont la puissance dépasse rarement les 10 watts et qui se montrera de plus très exigeant sur le choix des enceintes? Nostalgie, effet de mode? Que nenni! Si la 300B suscite toujours autant d'enthousiasme près d'un siècle après son invention c'est pour une unique raison : elle est capable d'une musicalité pratiquement miraculeuse. Et cet ensemble Audio Note est visiblement du genre à vouloir entretenir la légende.
Bien sûr le choix de l'enceinte ne fut pas facile. 92 dB de sensibilité semblent bien être un minimum. Il faut également veiller à ce que l'impédance soit relativement stable et d'une valeur suffisamment importante. Mais une fois le bon mariage effectué, quel bonheur! On n'a pas la sensation d'écouter un enregistrement mais bel et bien d'assister à un spectacle tant cet ensemble restitue l'émotion de l'oeuvre. On n'éprouve nullement le besoin d'analyser une à
une les composantes de la restitution car elles forment un ensemble homogène et naturel, respectant parfaitement le cheminement de la musique.
L'image stéréophonique est absolument sans reproche. Stable, précise, elle procure en outre aux interprètes un espace tridimensionnel très réaliste. Sur le plan des timbres, inutile de dire que le médium est une petite merveille de densité et de définition, le point fort de la 300B. Le registre aigu est également très bien rendu. Piqué et analytique, il se caractérise avant tout par une très grande douceur.
Bien sûr, tout n'est pas parfait. Et la limitation tient naturellement au grave. Ce dernier est pourtant très honorable, suffisamment étendu et contrôlé sans toutefois, c'est logique, rivaliser avec des monstres de puissance à transistors. Dès que l'on se rapproche de la limite de puissance des amplificateurs, il se montre peu à son aise. C'est là le seul prix à payer en contrepartie de la magie distillée... |
SECONDE ECOUTE
Je mentirais en vous disant que ces Audio Note me laissent insensible. Car malgré leurs évidentes limitations, ils chantent comme bien peu d'amplificateurs savent le faire. Bien sûr, il leur faut des enceintes au rendement plus que
confortable (supérieur à 92 dB / 1 W / 1 m), une place conséquente et beaucoup d'air pour les laisser respirer. Mais une fois toutes les conditions requises, le préamplificateur M3 et les blocs mono Quest chantent vraiment avec une aisance remarquable.
C'est bien simple, ces appareils respirent au rythme de la musique. Avec du jazz, ils se métamorphosent en saxophone, batterie, trompette et autre contrebasse. Sur du classique, ils deviennent violons, flûtes et hautbois. Avec de la musique planante, il leur pousse des ailes. Car à l'instar d'un génie oriental, ces appareils merveilleux incarnent réellement la musique qu'ils sont chargés de reproduire. Plus que des sons donc, ils recréent une ambiance, une atmosphère, une situation. Ils n'ont pas leur pareil pour vous transporter littéralement là où se trouve le rêve. Le grave est nerveux, fluide et léger. Il n'a certes pas l'impact et la matière d'un transistor et accuse en comparaison un léger manque de vigueur, mais cela ne fait-il pas partie du jeu? Et avec seulement 8 watts, c'est probablement du côté de l'enceinte qu'il faut chercher la clé du mystère (rendement, quand tu nous tiens...). Le médium est travaillé avec une adresse et une intuition rares. Il exprime des subtilités sans équivalent. Les voix sont splendides, contrastées et extrêmement réalistes. L'aigu est d'une finesse et d'une variété absolument saisissantes. C'est à se demander où il va chercher tout cela. Sur ces deux derniers registres, notamment, la dynamique s'exprime avec une persuasion diabolique. Quelle rapidité, et quelle précision
dans les attaques! L'image, enfin, est féerique. Stable, précise, tridimensionnelle et d'une aération souveraine, elle prend les auditeurs dans ses filets et ne les relâchent qu'une fois le disque achevé. |
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