BANC D'ESSAI N° 011  : AN-E    > Télécharger en pdf (3,28Mo)    > Imprimer < vers la page d'accueil du site

AUDIONOTE AN-E / LXHE   ENCEINTES
LA FIRME AUDIONOTE PROPOSE POUR LES AUDIOPHILES "DE L'EXTREME" TOUTE UNE GAMME D'ELECTRONIQUES A TUBES COURONNES PAR LE LEGENDAIRE ONGAKU (QUI A DEFRAYE LES CHRONIQUES DES REVUES SPECIALISEES DU MONDE ENTIER) AINSI QUE LES DIFFERENTES DECLINAISONS D'UNE ENCEINTE EQUIPEE D'UN SYSTEME DEUX VOIES SOUS LA REFERENCE AN-E. L'ETUDE ET LE DESIGN "CLASSIQUE" EN APPARENCE DE CE SYSTEME DEUX VOIES SONT DUS A L'EVOLUTION DES RECHERCHES EN TERMES DE PURETE DE RESTITUTION DES TIMBRES, ABSENCE DE COLORATION DE MEMBRANE, DE COFFRET, RESPECT DE LA PHASE AU NIVEAU DES FILTRES, DE M. PETER QVORTRUP (QUI PRESIDE AUX DESTINEES D'AUDIONOTE EN ANGLETERRE) ET M. ANDY GRAVE.

FICHE TECHNIQUE

CONDITIONS D'ECOUTE
Les enceintes Audio Note AN-EILX HE (pour plus de facilité nous les dénommerons par la suite AN-E) doivent être surélevées d'au moins 30 cm sur des supports prévus à cet effet en acier, qui doivent étre remplis de sable pour une stabilité et une référence mécanique ultra stables. La liaison entre l'enceinte et le socle est très importante pour
éviter tout micro-dérapage sur les impulsions, qui pourraient nuire à la bonne transmission de l'énergie rayonnée par les haut-parleurs sur les molécules d'air. Etant donné le rayonnement vers l'arrière de l'évent, la position de l'enceinte par rapport au mur dorsal et celui latéral joue beaucoup non seulement sur l'équilibre tonal mais aussi la sensation de liberté sur les transitoires. Plus on approche l'enceinte du mur arriére, plus la notion de densité et de niveau dans le grave augmente, sans pour autant entacher le haut-grave bas-médium. On peut même les placer en encoignure et se servir de l'effet du pavillon naturel formé par le sol et les murs latéraux pour augmenter le niveau et la sensation de capacité dynamique sans avoir d'effet de sonorité de porte-voix ou de chanteur hurlant dans un placard fermé en contre-plaqué. II est méme surprenant de constater une très grande douceur générale permanente, mais avec le maintien d'un timbre juste en hauteur, possédant beaucoup de corps. II vaut mieux éviter le bicâblage et prolonger l'âme du câble retenu afin qu'il relie les pôles de même signe (attention cependant les bornes sont placées dans le sens horizontal et non vertical). Ainsi, on ne risque pas d'introduire de retard dans les temps de propagation de groupe, avec les incohérences dans le maintien de la phase. Or, les AN-E ont l'extraordinaire faculté de restituer une scène tridimensionnelle telle, qu'elles se font iittéralement
oublier en tant que points de diffusion. De part leur rendement élevé pour un systéme conventionnel et leur courbe de consommation, basse, réguliêre, les AN-E sont des systèmes faciles à driver avec des amplificateurs de faible et moyenne puissance. II ne faut pas oublier qu'elles ont été étudiées par un spécialiste des montages à tubes triodes 3006. Ainsi, on peut avancer qu'en écoute domestique, à niveau raisonnable, les AN-E procurent un niveau décent avec une capacité dynamique très largement suffisante avec des amplis de 2 x 5 Wà tubes, jusqu'à plus de 2 x 100 W à transistors ou à tubes. Mais, attention, les Audio Note s'avèrent des juges impartiaux sur la personnalité des dites électroniques et ... des sources où les différences entre lecteurs/convertisseurs peuvent sauter immédiatement aux oreilles. Aussi il faut avoir des maillons à la hauteur en amont sinon le côté naturel, spontané de la restitution ne se
révéleront pas.

Système : 2 voies bass-reflex

Haut-parleurs : 1 HP grave médium à cône en fibres de chanvre, circuit magnétique de forte puissance, bobine mobile bobinée avec du fil d'argent; tweeter dôme hémisphérique de 2,5 cm avec bobine mobile bobinée avec du fil d'argent

Fréquences de coupure :
3 kHz

Sensibilité :
98 dB/1 W/1m

Dimensions :
80 x 36 x 28 cm

Poids :
25 kg

Ce système devait avoir cependant suffisamment de rendement pour s'accorder aux performances desélectroniques à base de tubes triodes 3008. Ainsi furent étudiées deux gammes distinctes de ce système deux voies d'une part, AN-E d'un rendement de 94 à 95.5 dBll WI1 m et d'autre part, AN-E HE (pour High Efficiency) de 98 dB/ 1 W/1 m. Dans chacun de ces deux systèmes, on découvre six déclinaisons possibles avec des variantes au niveau de la qualité des câblages, bobinages (cuivre ou argent), circuits magnétiques (ferrite ou alnico).
Le modèle que nous avons testé est le premier de la gamme HE. Il dispose d'un haut-parleur grave-médium de 21 cm avec cône en fibres de chanvre pressées, bobine mobile bobinée avec du fil d'argent, filtre de répartition standard mais apparié pour les enceintes droite, gauche et câblage interne en "Lexus" câble de haute résolution. II ne faut surtout pas se fier aux apparences, ce systèmes deux voies sort totalement des sentiers battus. Dès les premières minutes d'écoute, on sent qu'il se passe quelque chose de différent par rapport aux systèmes "grand public traditionnels" par la beauté expressive des timbres, le sens de l'articulation entre les notes, ce sentiment de fluidité dans le suivi mélodique avec un équilibre tonal parfaitement adapté à une écoute à niveau domestique. On échappe aux critères de la hifi traditionnelle pour accéder à ceux de la musique vivante tel que l'on peut les appréhender en concert.


ECOUTE
Nous avons pu apprécier au cours des différents salons en France auxquels a participé Audio Note, les démonstrations fort bien menées par M. Heitz, avec un très large choix de vinyles de sa superbe collection, loin des effets spectaculaires "hifistes" pour aller plus loin dans le "cceur de l'interprétation". Ces démonstrations étant pourtant souvent réalisées avec les aléas d'acoustiques de pièces de salons plus ou moins correctes, les ensembles à tubes Audio Note et les enceintes AN-E ont toujours fait ressentir aux visiteurs présents cette sensation différente de fluidité dans le déroulement mélodique, de ponctuation sans effort du rythme, ce pouvoir d'extraire l'essence même de 18 musique. Or, nous avons retrouvé, dans nos conditions habituelles d'écoute, avec une paire ANE/LXHE ces impressions "magnifiées", cela avec divers types d'électroniques, à tubes et à transistors à des degrés différents d'évidence ou de Spontanéité.

Ainsi, sur le très difficile passage, extrait de la Somnanbula de Bellini par la soprano Natalie Dessay, les AN-E transcrivent la voix de la "Diva" avec une capacité dynamique pour le moins surprenante, mais surtout une douce neutralité dans le haut-médium aigu. La hauteur de timbre est juste. La lisibilité s'avère parfaite dans l'articulation de chaque mot. La soprano est parfaitement centrée entre les deux enceintes sans effet de flottement, à bonne hauteur, avec ce côté humain difficile à exprimer par des mots mais où la voix possède une véritable enveloppe charnelle. Sur les notes tenues dans le haut-médium aigu, sans fausse luminosité ou dureté, les infimes modulations qui prolongent chaque note sont restituées avec naturel, en tenant bien compte de chaque variation de niveau. L'orchestre l'accompagnant est restitué avec des contrastes sonores vifs, alertes, témoins les attaques des pizzicati de la section des contrebasses qui ne s'engluent pas dans une sorte de bouillie ténébreuse sonore, mais ressortent avec la vraie couleur des instruments. De même, toute la richesse des textures harmoniques différentes des sections à cordes altos, violons, s'inscrivent avec naturel sans forcer le trait dans le haut-médium aigu à la fois délié et doux même sur les fortés où aucune agressivité n'est ressentie.

Sur Vissi d'Arte, extrait de la Tosca de Puccini par Renée Fleming (album Homage The Age of the Diva) les AN-E installent la soprano par rapport à l'orchestre d'une manière immuable quelles que soient les variations de hauteur de notes jouées. Cette stabilité inconditionnelle joue beaucoup sur le réalisme, la crédibilité de la présentation spatiale qui n'est pas malmenée. Les AN-E paraissent s'effacer en laissant "prendre vie" la soprano en premier-plan par rapport à l'orchestre qui jamais ne la déborde ou vient l'envahir. Ces enceintes vous placent dans la salle de concert au meilleur rang en vous enveloppant par l'acoustique de la salle Morinsky de St Petersbourg grâce à des rapports sons directs-réfléchis parfaitement respectés. La beauté des timbres de la soprano Renée Fleming ressort avec un tel naturel, sans coloration passagère de membrane ou de petite boite en contreplaqué aux résonances prépondérantes que l'on croirait les AN-E "absentes" en tant que point de diffusion sonore. Même sur les hyper crêtes de modulation, on ne constate pas de dérapage vers une métallisation insoutenable, tout le contraire, cela se déroule avec une sorte de bienveillance totale dans le respect de la richesse des harmoniques supérieurs, pour ne pas transformer ce véritable tour de force de la voix en passage stressant, agaçant, de quoi vous mettre en relation directe avec l'émotion pure que dégage cette interprétation.

Sur l'extrait de Carmina Burana, Office des Fous Communion Millenarium, les voix aux intonations grotesques et moqueuses ressortent avec une vérité étonnante. L'effet d'espace de la prise de son ressort avec de multitudes petites informations de détails sur le déploiement des interprètes. On reste confondu devant un tel relief qui procure là aussi une vie peu commune à l'interprétation. Cela est d'autant plus saisissant que ce relief apparaît à niveau d'écoute modéré, sans avoir besoin de pousser le volume pour être subjugué par les forts contrastes sonores, en particulier des percussions qui sonnent avec un réalisme saisissant.

En effet, les AN-E sont capables de descendre correctement dans le grave tout en gardant la vraie justesse tonale. Ainsi sur Ode To Billy Joe interprété par Patricia Barber. extrait de l'album Café Blue, la contrebasse est d'une rare tension au moment de l'attaque des cordes, en parfaite cohérence avec la couleur boisée de la caisse de résonance de I'instrument. On ressent les moindres glissements de doigts le long du manche, mais aussi le moment du pincement de la corde contre celui-ci et du léger relâchement pour obtenir un effet de vibrato (souvent gommé par de nombreux systèmes). La présence de la voix de Patricia Barber est vraiment d'une étonnante vérité. Elle prend litteralement forme entre les deux enceintes avec un caractère "humain" tangible, ce n'est plus de la hifi que l'on écoute mais l'interprétation originale dans toutes ses subtilités d'intonations, de modulations. Aucune insistance sur les "s" ni sur les syllabes explosives, tout se passe avec un naturel déconcertant de facilité, de fluidité.
Sur la plage suivante Too Rich for my Blood, on reste sans voix devant la précision des attaques de la contrebasse à se demander comment un 21 cm peut atteindre une telle rapidité, un tel niveau sans distorsion, respectant parfaitement la couleur tonale de l'instrument. Sur les percussions de la batterie, la richesse des différents impacts dans leurs variétés de matière sonore atteint des sommets que très peu de systèmes, sans aucune considération de prix, sont capables de transcrire avec autant de nuances. II ne s'agit pas en effet de déflagration mais bien de la sonorité exacte que l'on perçoit au moment du contact de la baguette sur les différentes peaux tendues, des toms à la caisse claire. De même, dans l'aigu, les coups de cymbales sont à la fois puissants dans leur rayonnement, mais surtout révèlent la vraie nature des disques de métal dans ses multiples facettes de rayonnement. Un grand, un très grand moment d'écoute.

Sur l'album Flamingo de Stéphane Grappelli et Michel Petrucciani, sur la plage éponyme, les Audio Note AN-E nous proposent une restitution d'une sensibilité rarement atteinte même avec les systèmes les plus sophistiqués. La spontanéité de la restitution est un véritable enchantement, tant le timing d'attaque de chaque note est bien respecté, mais surtout leur véritable richesse tonale. Le violon de Stéphane Grappelli n'a jamais sonné aussi juste, aussi vivant, naturel dans les prolongements de subtils vibratos qui font "swinguer" la mélodie. Le piano ressort avec une clarté, une netteté dans l'attaque de chaque note là aussi confondante de vérité. Tout le phrasé rythmé de Petrucciani ressort avec des contrastes beaucoup plus forts au travers de ces "incroyables" AN-E qui se démarquent totalement des productions courantes par ce sens de la vraie musicalité.

Sur Nightfall extrait de l'album Big Boogaloo du pianiste Eric Legnini, la petite formation s'installe littéralement dans la salle d'audition avec une ampleur peu commune, un sentiment d'aération naturelle totalement évidente. Le piano sonne comme un vrai piano avec une plénitude naturelle jusque dans le grave et l'extrême-grave absolument impensable en provenance d'un 21 cm. Or, ce transducteur hors du commun correctement chargé a tout pour lui, l'attaque, le timbre, l'absence de colorations propres de membrane.


SYNTHESE DE L'ESTHETlQUE SONORE
Les Audio Note vous entraînent ainsi avec une facilité déconcertante au coeur de la musique dans toute sa richesse tonale, toute sa précision rythmique, Des plus grandes formations classiques jusqu'aux trios de jazz. les Audio Note ont une Iisibilité hors du commun pour bien différencier les timbres de chaque instrument et les positionner dans l'espace à leur juste place. Leur capacité dynamique, que ce soit sur les petits signaux ou sur ceux de grande amplitude, est à citer en exemple pour des transducteurs à rayonnement direct (sans pavillon), on se demande même comment un système deux voies avec un 21 cm et un tweeter à dôme de 2,5 cm est capable d'autant d'énergie inst-
antanée sans l'ombre d'une distorsion ou d'un déséquilibre tonal vers le haut-médium aigu. Jamais agressives, toujours naturelles avec une spontanéité évidente, les Audio Note AN-E LXHE sont à considérer comme des références absolues dans leur catégorie et bien au-delà. Décidément, apres ses électroniques hors du commun Audio Note prouve aussi une maîtrise incroyable au niveau des enceintes. Les AN-E LXHE sont vraiment des systèmes musicaux dans toute l'acceptation du terme. Un seul conseil, allez les écouter, vous vous rendrez compte "du monde de différences" par rapport aux productions conventionnelles.
 
 
 
Logiciel requis : ACROBAT READER - Source : magazine Stéréo & Image (n° 20 - janvier 2008) ^^^   Haut de page   ^^^ © 2008