BANC D'ESSAI N° 012  : CD 4.1x   > Télécharger en pdf (2,48Mo)    > Imprimer < vers la page d'accueil du site

AUDIONOTE CD 4.1x  LECTURE NUMÉRIQUE
DANS NOTRE NUMERO 20, NOUS AVIONS ETE LITTERALEMENT EMBALLES PAR L'ECOUTE DE L'INCROYABLE ENCEINTE DEUX VOIES AUDIO NOTE AN-EL/LXHE QUI, SOUS UN DESIGN APPAREMMENT CLASSIQUE, EST CAPABLE D'UNE RICHESSE DE RESTITUTION MUSICALE A EMOUVOIR LES PLUS BLASES. CELA A ETE CONFIRME PAR LA SUITE AU COURS DES DIFFERENTS SALONS DE LA HAUTE-FIDELITE OU L'IMPORTATEUR D'AUDIO NOTE EN FRANCE, M. HEITZ, EFFECTUAIT DES ECOUTES QUI SONT RESTEES EN MEMOIRE DE TOUS LES VISITEURS UN TANT SOIT PEU SENSIBILISES PAR LA VRAIE RESTITUTION MUSICALE, CAR SANS LE CARACTERE ARTIFICIEL, CLINQUANT DE NOMBRE DE SYSTEMES FROIDS, DISSEQUANT LA MUSIQUE EN LUI RETIRANT TOUTE "HUMANITE".

FICHE TECHNIQUE

Ce charme sonore indéniable ne se rompt jamais quels que soient les CD joués procurant un plaisir d'écoute serein, anéantissant toute forme d'analyse « en rondelles » à la manière d'un audiophone anxieux.
Ce lecteur CD / convertisseur Audio Note CD-4.1X procure l'impression de nous inviter à nous relaxer pour déguster une restitution d'une fluidité hors du commun.


CONDITIONS D'ECOUTE

Il ne faut pas oublier que le CD-4.1X dispose d'étages de sortie analogiques à tubes sans contre-réaction, aussi il faut bien un petit quart d'heure de chauffe pour atteindre son plein équilibre tonal ainsi qu'une parfaite densité de timbre dans le sous-grave. Le support sur lequel il repose peut aussi avoir une influence sur la netteté du décourage de chaque note (les tubes sont très légèrement sujets aux effets microphoniques). Un découplage avec les supports Aktyna (ce ne sont pas des grigris pour audiophile à la recherche de gourous, mais ils sont réellement efficaces) apporte sans contestation un plus dans la précision d'analyse, l'assise dans le grave, avec une stabilité des plans sonores qui n'est pas remise en question sur les fortés.
Côté câbles de modulation, il faut les plus transparents possible, ceux qui procurent le sentiment de plus grande aération, le CD-4.1X n'a pas son pareil pour cerner toutes les différences, même les plus subtiles.
Par contre, nous n'avons pas perçu de différences flagrantes suivant que l'afficheur soit éclairé ou non (l'indépendance réelle des alimentations internes s'avère d'une grande efficacité).
Le sens de la prise secteur (voir article dans le n°21) se ressent sur la notion d'ouverture de la scène stéréophonique, caractère plus dur dans le grave. De même, une ligne secteur propre (sans ordinateur, sans borne Wifi, sans gradiateur de lumière ou autre appareil ménager) est vraiment la bienvenue sur la clarté d'ensemble de la restitution, comme avec tout lecteur CD / convertisseur de haut vol.

Système de lecture : Philips pro, chargement par le dessus

Convertisseur : AD 1865 N double 18 bits sans filtrage numérique

Etage de sortie :
à tubes triode 6DJ8, configuration anode suiveuse, sans contre-réaction

Bande passante :
20 Hz - 20 kHz - 1 dB

Rapport signal/bruit :
120 dB

Poids : 15 kg

Or, tous les maillons de ce constructeur anglais totalement atypique sont à l'unisson de cette recherche de vraie sensation musicale, où les subtilités du jeu des artistes ne sont pas lissées, étouffées mais s'expriment avec tous leurs contrastes.
C'est ce que l'on constate aussi avec, à la source, le plus que dérangeant lecteur CD/convertisseur à étage de sortie à tubes CD-4.1X, qui bouscule lui aussi bien des hiérarchies établies. En effet, sa restitution est la quintessence entre un respect permanent de la beauté des timbres des instruments, des voix avec des graduations très subtiles sur les plus infimes écarts de niveau, tout en maintenant en permanence un étagement des plans sonores qui changent réellement d'une prise de son à l'autre. Mais il a surtout une sorte de distinction chaleureuse naturelle qui arrive à vous faire écouter « d'une autre oreille » des CD qui passent, sur les autres platines, particulièrement durs et agressifs, sans perdre pour autant un pouvoir d'analyse toute en douceur, mais pas en rondeur. Il se dégage en permanence une sorte de beauté sonore chaleureuse, très, très analogique dans la fluidité des enchaînements mélodiques.


ECOUTE

Vous allez nous rétorquer ''ils nous cassent les pieds avec leur CD The Pulse, introuvable, épuisé'' (attention aux copies qui circulent sur internet car c'est vraiment n'importe quoi par rapport à l'original, les détails gommés, lamentable) mais il va bientôt être de nouveau disponible à partir des bandes master originales, encore un peu de patience. Ainsi, vous pourrez vous rendre compte sans avoir des ''oreilles d'or'' des limites de votre système de lecture numérique, limites que corroborent d'ailleurs les valeurs des paliers de bruit que nous mesurons. En effet, là aussi, pas de numéro d'illusionnisme, les lecteurs / convertisseurs qui arrivent en-dessous du seuil des -125 dB font la différence sur l'analyse des micro-informations qui changent tout dans le pouvoir de séparation de chacune d'elles.
Serait-ce par son principe de conversion, son absence de filtrage numérique, ses étages de sortie à tubes : le CD-4.1X est non seulement légèrement en dessous de ces fatidiques -125 dB, mais à l'écoute d'un bruit aussi naturel que très difficile à reproduire correctement d'un ruisseau qui coule (plage 3 du Pulse), il transcrit véritablement la matière sonore liquide avec une vérité étonnante sur ce bruit d'eau qui chemine entre les cailloux. En effet, on ne perçoit pas le défilement d'une feuille de soie que l'on froisse, mais bel et bien le bruit réel de l'eau qui coule avec ses multiples variations d'intensité, selon le trajet entre les cailloux. L'air environnant au cours de cette prise de son, au travers du CD-4.1X, est presque palpable, tant sa présence est réellement aérienne, chargée de mille bruissements au travers des feuillages... on se croit au bord du ruisseau en fermant les yeux.
Avec la prise de son du coup de grosse cloche du temple bouddhiste à flanc de montagne, tous les bruits alentour ressortent bien positionnés dans l'espace, mais avec une vraie matière sonore. On s'en rend compte sur les chants d'oiseaux qui ne sont pas des coups de scie circulaire attaquant de l'aggloméré, mais réellement des chants harmonieux. Tous les bruits dans le lointain sont restitués en douceur, sans excès d'hyper définition, au rasoir, mais avec un sentiment de sereine plénitude.
L'attaque du marteau sur la paroi de la grosse cloche de bronze est d'une parfaite justesse, sans aucun trouble au moment de l'impact suivi par les fortes amplitudes résonances qui s'alternent et décroissent progressivement, sans disparaître totalement, jusqu'au coup suivant (en relation avec le plancher de bruit très bas). On ressent physiquement la mise en vibration de l'énorme masse d'alliage de bronze sans discontinuité entre la fondamentale et l'ordre des harmoniques qui suivent.
Sur le passage des grands tambours, jusqu'à huit mètres de diamètre, on est littéralement ''secoué'' par le déplacement d'air provoqué par les débattements des immenses peaux tendues après les impacts, de forces, de hauteurs différents bien marqués par le CD-4.1X qui transcrit fidèlement la vraie tonalité de chaque immense percussion. De plus, l'ambiance ''plein air'' de la prise de son ressort avec, entre les coups énergiques des grands tambours, la présence réelle de la foule avec les cris d'enfants qui remontent et se dégagent de ceux-ci, d'habitude ces informations sont extrêmement étouffées.

On retrouve de suite ce souci du détail mais tout en douceur, en nuance, sur le passage Me Voglio Fa Na Casa de Donizetti, interprété par la soprano Angela Gheorghiu accompagnée au piano par Jeff Cohen au cours de son récital à la salle de Milan, au travers du CD-4.1X qui resitue au sein de l'acoustique de la célèbre salle de concert les interprètes avec un réalisme déconcertant, d'un naturel aux antipodes d'une restitution chirurgicale hifi, pour basculer dans le domaine émotionnel où la voix de la soprano est restituée dans ses moindres modulations, inflexions, avec la réelle présence d'un public conquis dont les applaudissements ''claquent vrai''. L'Audio Note fait basculer la restitution dans le domaine de la sensation auditive émotionnelle car justement il est précis, concis dans son analyse, en respectant exactement les moindres infimes écarts de niveau, tout en ''souplesse analogiques'', sans ce caractère haché, dur de nombre de machines numériques qui passent la musique à la moulinette sans cette continuité fluide, souple dans le déroulement mélodique de l'Audio Note. Il est extrêmement rare de rencontrer une telle synthèse entre douceur de timbre et définition.



Sur les passages très complexes de Varen de Grieg par le chœur Det Nortske Solistkor, l'Audio Note transcrit les différentes tessitures des timbres de voix du chœur avec un pouvoir de séparation extrême, tout en gardant l'unité tonale d'ensemble. Les voix d'hommes ressortent sans aucun grain parasite dans le bas-médium, se détachant les unes des autres tout en restant unies sur les envolées, non éparpillées sur un front large comme sur un écran cinémascope. La voix juvénile du soliste est d'une grande beauté, non crispante dans l'aigu avec une prononciation de chaque mot parfaitement intelligible et pleine de nuances. Là aussi, l'Audio Note semble aller plus loin qu'une transcription purement hifi pour imposer une palette incomparable de richesse tonale sur les voix.

Toutes ces nuances se retrouvent dans l'analyse chaleureuse, lumineuse de la transcription des voix d'hommes de la polyphonie corse de Messa Corsa Per I Tempi Novi par le groupe Tavagna au travers du CD-4.1X qui, malgré les superpositions très complexes de timbres assez proches dans leurs tessitures, évite l'effet ''mille-feuilles'' pour une vraie séparation spatiale de chaque intervenant en marquant bien leurs différences d'intonation, dans une même ferveur. En effet très peu de lecteurs / convertisseurs savent garder cette unité de rythme entre les divers chanteurs. Avec l'Audio Note, tous les chanteurs semblent avoir les yeux rivés sur le même métronome. Cela se détecte aussi dans les vrais rapports de décalage temporel entre sons directs et réfléchis au sein de la nef de la petite église corse qui enveloppe de son acoustique les chanteurs et non comme une information à part, comme dans de nombreux cas.

En passant à un tout autre genre, mais aussi très persuasif, sur le passage Khauzela de Hugh Masekela, extrait de l'album ''Live At The Market Theater'' la présentation spatiale offerte par l'Audio Note de la formation, du public en arc de cercle par rapport aux musiciens, procure une présence, une vie exceptionnelles de réalisme. Point de confusion dans la diction du leader qui harangue littéralement le public en faisant de nombreuses fois saturer le microphone, tout se passe sans acidité ou dureté, mais avec une présence incroyable. En effet, le timbre de sa voix prend une totale conviction dans l'articulation de chaque mot, avec une puissance évocatrice qui vous cloue sur place, au travers du CD-4.1X, comme s'il apparaissait plus chaleureux, plus humain. La présentation de ses différents musiciens révèle une précision dans le positionnement entre les deux enceintes que l'on ne ressent que très rarement. La capacité dynamique, que ce soit sur les percussions ou la guitare basse, est sidérante car cela se passe aussi en puissance, sans ce côté décharné que l'on déplore avec nombre de CD / convertisseurs. Cela respire la santé, avec toujours cette cohérence de jeu dans le groupe comme nous l'avons remarqué sur la musique classique. Tous les membres de la formation jouent ensemble, en parfaite communion, non chacun de son côté.




SYNTHESE DE L'ESTHETlQUE SONORE

Une nouvelle fois, Audio Note tranche, affirme une personnalité musicale exceptionnelle avec son lecteur CD-4.1X. En effet, il bouscule les critères habituels hifi pour imposer une restitution à la fois très précise dans l'analyse, très juste dans la composition harmonique des timbres avec, ce qu'il est difficile d'exprimer par des mots, ce sentiment de chaleur, d'âme, d'informations non pas fantomatiques mais bel et bien présentes sur le support numérique CD, mais qui sont souvent simplifiées, voire estompées par de nombreux lecteurs / convertisseurs incapables de les traiter correctement. Dans tous les cas, les concepteurs des enceintes et électroniques Audio Note ne galvaudent pas les termes de vraie musicalité.

 
 
 
Logiciel requis : ACROBAT READER - Source : magazine Stéréo & Image (n° 32 - février 2009) ^^^   Haut de page   ^^^ © 2009